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Récit de voyage : à deux en Roumanie

 

Départ pour la Roumanie. Nous partons en aveugles avec pour seuls repères : une carte du pays, du matériel de camping, un rendez-vous au Fan Fest à Rosia Montana, Transylvanie, et quelques rudiments de Roumains tirés de la méthode Assimil. Et nous voilà, fraîchement débarqués à Arad, première ville frontière avec la Hongrie.

Charette :

Arrivés dans une ville vestige. Arrivés de la propre et riche Europe de l’Ouest, tout semble ici vieilli, « seconde main », comme indique la plupart des magasins de vêtements. Vestiges industriels, vestiges de routes, vestiges romains...

Pourtant, une fois la ville quittée, nous voilà dans les campagnes fleurissantes à cette saison. Les pruniers, les noyers, les pommiers, les poiriers, les cognassiers croulent de fruits ; les jardins potagers sont riches de piments, de tomates, de poivrons, de choux ; les ruches jalonnent notre chemin ; le bétail est gras et sain et les églises neuves émergent à côté de leurs sœurs en ruines.

Femme revenant du champs :

Notre apparat de cyclotouristes laisse dubitatifs certains paysans, alerte les chiens et les meutes d’oies, et convie les Roumains les plus curieux (ou les plus ivres) à nous demander d’où nous venons et où nous allons : « De unde ? De unde ? ».

La traversée de la Transylvanie nous conduit sur les hautes montagnes, frontières avec la Valachie. C’est dans ces montagnes que nous découvrons les innombrables barrages d’où s’échappent la chevelure des montagnes : les lignes à haute tension. Là encore, le régime est le même que pour les églises : des pylônes délaissés, mis au chômage technique, jouxtent les nouveaux perchoirs à cigognes.

Cela donne une impression de saturation industrielle.

Tag vache masque à gaz :

Le soir nous arrivons invariablement en même temps que les troupeaux de bœufs et de vaches, et le matin nous partons invariablement en même temps que les bergers.

Moutons dans la plaine :

Et nos journées s’égrainent au rythme des kilomètres, des villages traversés, des carrioles dépassées. Parfois un chemin impraticable de boue, une côte abrupte, une pluie rinçante fait exploser nos nerfs et achève de nous rendre misérables. Et je pense aux soldats de Napoléon, à l’hiver roumain, et nous voyons ces enfants roumains au ventre gonflé qui réclament des gummies et ce gosse de Bucarest qui sniffe un solvant argenté.

Enfants :

Puis, nous voilà en Moldavie roumaine où il fait si froid, mais où le pain est si bon et les maisons si belles. Nous visitons les gorges de Bicaz, des monastères orthodoxes tous refaits à neufs, nous logeons chez l’habitant, nous nous laissons pousser par le vent vers la plaine.

Maison Moldavie roumaine :

Arrivés sur le delta du Danube nous apprenons à nos dépens que les vrais habitants de ces lieux ne sont ni des Roumains, ni des trafiquants ukrainiens, ni des touristes aux mœurs étranges, ni des oiseaux migrateurs mais bien des milliards de moustiques affamés. Cette fois nous sommes bien dans les plaines marécageuses aux multiples canaux creusés par le Danube ou par les intellectuels déportés sous Ceaucescu et morts dans des conditions terribles. Plus tard j’apprendrai que ces malheureux sculptaient de petites croix dans les os de leur soupe au moyen de cuillères trafiquées. Ces minuscules chefs d’œuvre de l’art sacré sont peut-être plus grands que tout le Vatican.

Et nous revoilà sur les routes de Dobroudja, remontant le Danube le long des vastes champs de maïs et des vignes en fruits surveillées par des vigiles armés de matraques. Notre route croise celle d’Adamclisi où de jeunes archéologues passionnés nous retracent deux mille ans d’invasions, de dominations et de libérations roumaines.

Roumains, courageux peuple Dace, comme nous célébrons Vercingétorix, ils acclament Mihai Viteazu. Roumains, peuple multitude, où se côtoient Roms, Hongrois, Allemands, Ottomans, Slaves, Russes, Orthodoxes, Juifs, Grecs Catholiques, Musulmans...

Homme bras ouverts :

Oppresseurs-opprimés, aujourd’hui nombre de jeunes partent en Espagne pour les récoltes, pour travailler dans le bâtiment ou encore faire le ménage chez de riches familles. Destin d’un peuple en première ligne des invasions et en marge des richesses. La Roumanie regarde l’occident avec envie, aspiration qui tient en vie. Espérons que dans leurs églises toutes neuves, les Roumains prient pour ne pas vendre leurs savoirs ruraux contre une monnaie de chips.

Vieille femme et enfant :

par Christophe et Charlotte (http://lairederien.net)

 
Plus de photos des régions ci-dessous sur le site Photos Roumanie :

 
 
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